Les syndicalistes pour la laïcité appuient le projet de loi 21 sur la laïcité de l'État.

Des syndicalistes pour la laïcité

En ce Premier Mai 2019, Fête internationale des travailleuses et des travailleurs, nous, syndicalistes québécois, désirons apporter notre appui enthousiaste au projet de loi no. 21 sur la laïcité de l’État, comme un témoignage de solidarité avec les travailleuses, les travailleurs et les progressistes à travers le monde qui luttent contre l’obscurantisme religieux.

Nous pensons, par exemple, aux ouvrières et aux ouvriers brésiliens qui voient leurs gains sociaux remis en question par le gouvernement Bolsonaro, récemment porté au pouvoir par une coalition au sein de laquelle les évangélistes ont joué un rôle prédominant.

Nos pensées accompagnent plus particulièrement les travailleuses et les travailleurs du Moyen-Orient dont les maisons, les quartiers, les lieux de travail, les villes ont été détruits par l’occupation de leur territoire par l’État islamique et les bombardements pour l’en déloger.

Mais la montée du fait religieux n’est pas confinée à une région en particulier ni à une religion déterminée. Le Québec n’est pas à l’abri du prosélytisme religieux. Aussi, nous considérons que proclamer que « l’État du Québec est laïc » et d’enchâsser la laïcité dans la Charte des droits et libertés du Québec constitue une contribution à cette lutte mondiale contre la propagation des idéologies religieuses et une manifestation importante de solidarité internationale.

Les syndicats et la laïcité

Le projet de loi no. 21 vient consolider des acquis importants de la Révolution tranquille en matière de laïcité, en faisant reposer la laïcité de l’État sur les quatre principes que sont : 1° la séparation de l’État et des religions; 2° la neutralité religieuse de l’État; 3° l’égalité de tous les citoyens et citoyennes et; 4° la liberté de conscience et la liberté de religion.

Au cours de son histoire, le mouvement syndical a apporté une contribution majeure au processus de laïcisation. Il a été un des chefs de file de la mobilisation générale pour sortir le Québec de la « Grande Noirceur » du régime Duplessis acoquiné avec l’Église catholique.

Ce mouvement d’émancipation a été accompagné d’un processus interne de déconfessionnalisation du mouvement syndical lui-même. Avant d’être renommée Confédération des syndicats nationaux en 1960, la CSN était la Confédération des travailleurs catholiques du Canada. Jusqu’en 1967, les enseignantes et les enseignants étaient représentés par la Corporation générale des instituteurs et institutrices catholiques de la province de Québec (CIC), aujourd’hui devenue la Centrale des syndicats du Québec. L’Union des Cultivateurs catholiques (UCC) a abandonné son caractère confessionnel en 1972 pour devenir l’Union des Producteurs agricoles (UPA).

Les syndicats québécois sont aujourd’hui des organisations laïques, qui accueillent fraternellement des personnes de différentes origines religieuses sans discrimination aucune. Leur caractère laïque serait d’autant valorisé si on évitait dans ses rangs de désigner des membres par leur appartenance religieuse. À l’échelle mondiale, un énorme progrès historique a été réalisé lorsque le principe de la nationalité a supplanté celui de la religion. Aussi, désignons les musulmans par leur nationalité plutôt que par leur religion. Ce sont avant tout des Algériens, des Marocains, des Tunisiens, des Indonésiens, etc.

Nous sommes également bien placés pour apprécier le recours à la clause dérogatoire. Trop souvent, nous sommes victimes de la judiciarisation des relations de travail, qui vide les caisses syndicales, et nous amène devant des tribunaux dont le parti-pris propatronal n’est plus à démontrer.

Sans recours à la clause nonobstant, la contestation juridique nous conduirait devant un tribunal – la Cour suprême du Canada – dont les juges sont nommés par un gouvernement qui n’est pas le nôtre, pour interpréter une loi en fonction d’une Charte des droits que nous n’avons pas signée et, qui plus est, proclame, dans son premier attendu, « que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu ».

Le projet de loi sur la laïcité de l’État pose un jalon de plus dans l’affirmation du caractère distinct de la société québécoise comme l’affirme son premier considérant qui rappelle « que la nation québécoise a des caractéristiques propres, dont sa tradition civiliste, des valeurs sociales distinctes et un parcours historique spécifique l’ayant amenée à développer un attachement particulier à la laïcité de l’État ».

Pour une large participation au débat

Le débat en cours va définir pour des années à venir le « vivre ensemble » laïque au Québec. Il est essentiel que toutes les citoyennes et les citoyens y participent. Comme dans tout débat ayant un impact sur notre avenir collectif, il est impératif que les organisations syndicales fassent connaître le point de vue de leurs membres, après en avoir consulté le plus grand nombre dans un climat serein, fraternel, dénué de toutes accusations de racisme et de xénophobie.

Par leur attitude et leur prise de position, les syndicats québécois peuvent envoyer un message sur la scène internationale que la laïcité de l’État est fondamentale pour l’établissement d’une véritable solidarité des travailleuses et des travailleurs, des peuples et de la poursuite de la paix.

 


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