E3C lycée Christophe Colomb a Sucy en brie

Nous transmettons le mail d'une lycéenne qui exprime son opinion.
Quel exemple de maturité et de réflexion.
Ce témoignage poignant nous permet de nous rendre compte du poids que pèse cette reforme sur les élèves, nos enfants !

"Objet: manifestation


Bonsoir,

 Cette lettre s'adresse aux  parents des élèves de Première. Merci de la diffuser le plus vite possible et au maximum.
Merci d'avance et à demain !

 

""Chers parents,

Comme vos enfants, je suis une élève de Première. Je suis donc directement touchée par la réforme du baccalauréat.

Les propos que je soutiendrais ici ne sont pas objectifs. En effet, comme une grande partie de mes camarades, je suis pour la grève et la manifestation,
visant :

- au mieux, l'annulation des épreuves 

- au pire, leur déplacement.

Je vous prierais donc de prendre en compte nos
opinions et d'essayer de les comprendre.

 

Cette réforme du bac mise en place par le gouvernement a beaucoup de changements :

-les épreuves se trouvent tout au long de l'année

- l'arrivée d'enseignements de spécialités suppriment les filières

- un Grand Oral en fin de Terminale sera présent

- d'autres changements mineurs sur le déroulement de certaines épreuves (le bac de français par exemple).

 

Voici ce qui me préoccupe et par conséquent, pourquoi j'affirme être contre cette réforme et donc les raisons pour lesquelles la manifestation a été mise en place. Manifestation dont vous avez été informés.

 

1 – Les sujets ne sont pas nationaux. Ce sont les chefs d'établissement qui les choisissent. Nous pensons donc qu'en fonction des établissements, le bac n'aura plus la même valeur. 

Vous le savez déjà, il y a aujourd'hui de
nombreuses inégalités entre les élèves en fonction de leur établissement.

 

Il est plus difficile de réussir pour un élève venant d'une école pauvre, ou simplement d'une ville/d'un quartier défavorisé(e) que pour un élève venant de prestigieux lycées parisiens.

C'est une inégalité ancrée dans notre société depuis des siècles. Est-ce une raison pour la rendre encore plus présente ?

 

Deux "18/20" n'auront pas les mêmes valeurs.

Le bac national permettait aux professeurs de juger

les élèves par rapport à leurs travaux. 

Ce bac les jugera maintenant sur leur lycée d'origine, ce qui est inacceptable au vu des inégalités détaillées ci dessus.

 

2 – La réforme n'est pas au point. 

Il reste aujourd'hui de trop nombreuses questions sans réponses, qui rendent les élèves (ainsi
que les professeurs) déboussolés. 

Des changements de loi se font de façon continuelle (je pense par exemple au nombre de textes que
nous étudions en français). 

Nous sommes dans le questionnement perpétuel.
Nous nous battons donc aussi contre ce climat peu propice à notre apprentissage.

 

3 – Le stress.

Le stress et la pression mis sur le dos de vos enfants sont réels. Le niveau scolaire n'y change rien. 

L'amont de devoirs auquel nous avons droit est inadmissible et intenable. 

La difficulté de certaines spécialités aussi (Comme les Maths qui valent une
Terminale S).

4 – Le manque de temps. 

Déjà cité plus tôt, nous avons un nombre de devoirs très important, trop important. Nous n'avons pas le temps et ne sommes pas prêts pour ce nouveau bac. Nous donner plusieurs programmes en une année ne fera que donner des sentiments d’abandon et de faillite chez les élèves. Le stress et la déprime chez les Premières sont réels, ne les sous-estimez pas.

 

5 – L’anonymat.
L'anonymat n'est plus respecté dans ces nouvelles épreuves. En effet, ce sont les professeurs de notre établissement qui nous
corrige, professeurs qui nous connaissent individuellement. Avec qui nous avons donc forcément un lien !

Qu'il soit positif ou négatif, ce lien fait passer
l'objectivité en subjectivité. Les professeurs ne jugeront pas de la même façon une élève inconnue et une élève de leur
établissement (l'affect peut rentrer en jeu).

 

6 – La possibilité de fuite.

 Les sujets sont choisis à l'avance et les professeurs les connaissent donc plusieurs semaines avant l'examen. Cela crée donc des possibilités de fuite, et avec ça, des inégalités entre les élèves d'un même établissement ou d'une même classe.

Voilà donc les choses contre lesquelles nous avons manifesté hier et ce matin.

Depuis le début de ces manifestations, le lycée Christophe Colomb nous a répondu de façon très contrastée.

Il y a eu par exemple beaucoup de professeurs qui nous ont soutenus. Des parents d'élèves aussi. Nous étions tous réunis devant le lycée. Unis contre cette réforme.

En contrepartie, certains professeurs ont montré leur désaccord face à ce projet. Ce qui est légitime :  nous exprimons notre opinion politique, ils expriment la leur.

Le problème qui se pose là, c'est qu'une  partie de ces professeurs utilisent leur « pouvoir », leur « aura » pour tenter de nous faire changer d'avis.
Ils se permettent de changer les faits pour que ça colle à leur opinion et qu'ils puissent en plus garder une bonne image.

 Ils refusent de nous laisser nous exprimer en nous infantilisant. "Notre âge et notre illégitimité" nous empêcherait d'être pris au sérieux. Cette réforme nous vise pourtant ! Nous et nos avenirs.

Ces professeurs (et autre personnel) utilisent des techniques immorales et puériles face à leurs élèves comme le mensonge ou la manipulation. 

Ils mentent afin de nous faire flencher, de nous faire peur. Ils utilisent des arguments inconcevables et inadmissibles. Ils utilisent notre désir de réussite à leur avantage. Ils vous utilisent ! 

En effet, grand nombre d'entre vous ont
sûrement vu passer un message :

 « Les épreuves d'anglais de ce matin se sont déroulées normalement. Les élèves
qui souhaitaient composer ont pu rentrer dans l'établissement ».


Ce texte ment, du moins il ne dit pas toute la vérité. Oui les épreuves ont eu lieu, oui certains élèves
y ont participé. Mais elles ne se sont pas déroulées normalement, il y a eu des manifestations regroupant adultes et lycéens devant le lycée de 7 heures à 9 heures. Seulement 5 % des élèves de Première ont passé leurs épreuves. 12 élèves de Première Générale ont « composé ». 

Dire que celles-ci se sont passées normalement est un mensonge pour donner une bonne image au lycée, pour vous faire peur. Ce message évoque aussi le souhait de certains élèves de  vouloir entrer dans le lycée. Nous ne les avons pas empêché. Mais nous ne leur avons simplement pas donner d'infos sur comment entrer.

 

Les élèves n'étaient au courant de rien. Le lycée ne nous donnait aucune information et nous laissait dans un état de flottement le plus
total.

 

Enfin, je tiens à vous rappeler que cette manifestation est pacifique. Nous respectons les idées de nos opposants ainsi que les votres si elles sont similaires.

Nous vous demandons simplement de  nous écouter, de nous laisser nous exprimer et ainsi de manifester, car nous sommes dans notre bon droit, dans ce pays qui prone l'égalité et la démocratie.

Le baccalauréat de vos enfant est en jeu. Leur avenir est en jeu. Cette manifestation va plus loin que le simple fait de montrer notre mécontentement.

Quelles valeurs voulez vous transmettre à vos enfant ? Suivre les règles sans y réfléchir ? Accepter sans broncher un destin non désiré ? Ne pas écouter ses propres idéologies politiques et se faire marcher dessus ?

Votre enfant est un citoyen. Et aujourd'hui, il est grève."

  


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